Mais pourquoi j’ai refusé lorsque la prod Endemol m’a appelé ?! Ah oui c’est vrai car j’ai préféré laisser ma place à Angie, elle était emballée à l’idée de faire un remake swimming pool 😀
Me voilà donc partie à la quête de mon moment de gloire…
Non non et non, ça fait trop narcissique là, on la refait !
Parce que dans le milieu artistique, les connaissances, en particulier les bons amis sur Facebook, se proposent de vous rende service, il est grand temps de jouer de son minois pour soudoyer la galerie.
Visualisons la pub du parfum Chanel N°5 avec Nicole Kidman dans les rues de New York City… Juste magnifique.
Et bien le voilà le projet ! Il faut bien commencer petit …
Si je récapitule, il nous faudrait 6 cameramans, 3 steadicams, 4 travellings, 1 metteur en scène, 1 producteur, 1 scénariste, 1 robe signée Karl Lagerfeld, 3 maquilleurs, 2 coiffeurs, des tonnes de figurants….
STOP CAMILLE ! Tu n’es pas Nicole Kidman !
Mais je suis blonde ?!
Camille ……………..
Ok ok … Oui c’est vrai, je n’approche pas les 40 ans, non je ne suis pas divorcée d’un mari témoin de géova ou scientologue au choix, au final c’est une question de vocabulaire, non je n’ai pas d’enfant et effectivement je ne suis pas encore pleine aux as ! tu as bien raison ! Ressaisissons-nous !
J’aime cette petite voix, toujours là à faire preuve de réalisme, qui remet illico presto les pieds sur terre de son propriétaire. Oui car là c’est bon, j’étais partie très loin, direction le Brésil !
Quoiqu’il en soit, après avoir contacté ma maquilleuse attitrée (hey oué tout acteur qui se respecte ne travaille qu’avec une unique maquilleuse, tu ne le savais peut-être pas … ? Ah oui, sûrement car tu viens du milieu de la mode, et c’est connu ça ne paie pas, donc pas de sous pas de maquilleuse) !
Ouhou je me sens plus là, normal dans moins de 48 heures je serai sous les feux des projecteurs !
Ah, il manque le producteur-cadreur-metteur
Ok, on est bien barré, ça va finir devant les feux de la clio cette histoire !
J’exagère, j’amplifie, que dis-je j’hyperbole ! Bien sur que y’a un producteur ! Que crois-tu, y’a pas que Laetitia Casta qui peut se faire repérer sur la plage… Y’a moi aussi, au rayon produits light d’Auchan… Surprenant ? Pas vraiment, les comédiennes aussi font attention à leur ligne. Non, non, non, stop la plaisanterie, où c’est sur scène avec Franck Dubosc que je vais me retrouver, voir Gad elmaleh, oh enfin, je verrai selon mon planning…
Comment ça ?! Tu ne savais pas que grâce à ce tournage, toutes les portes s’ouvriront ?!
Revenons à nos moutons, pour le stylisme, 3 robes nous sont prêtées :
- une rouge dos nu mais mon coach personnel m’assure que cette couleur ne va pas avec mon teint
- une paillettée dorée pum pum short, mmh je ne particpe pas au clip de Booba, on oublie celle ci
- et cette robe noire tellement belle que… je vais la rendre bien sur … et demander à mon attachée de presse de me faire parvenir la même mais jamais portée of course 😉
Samedi, le grand jour…
On m’annonce qu’on m’attend dans le XVIeme arrondissement de Paris pour la séance coiffure. Coiffée au côté de Mme Holtz (si si je vous jure, je commence à côtoyer les stars héhé) par un top beau gosse, c’est dingue ça, quand tu montes en grade, le monde est si beau…
Le ton est donné, rendez-vous à 20h30 près de la Tour Eiffel, tournage de nuit. Tout est soudainement plus sérieux. Ma vie est en train de prendre un tournant, celui que j’attendais…
Assise sur le bord du coffre de la voiture je passe à la session décoration faciale. Le mannequin arrive entre temps. Toute l’équipe rit de bon cœur, l’ambiance est à son comble, on va tous se donner à fond pour ce projet !
Mais avant toute chose, il faut maintenant que j’enfile cette robeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee
Je me change où monsieur le producteur ? Ah oui, d’accord, derrière la voiture. Tiens ça me rappelle un autre shooting ça ahahaha (ça ne te dis rien ? C’est que tu ne lis pas mes articles en fait, pas cool ça). Non mais après tout c’est normal, en plein Paris, je sais très bien qu’il n’y a pas de cabine d’essayage le long de ces immeubles et de cette route où passants et voitures défilent !
En moins de deux me voilà transformée en Cendrillon des temps modernes, en mode Bal bien sur…
Il est près de 21h47, la nuit commence à tomber sur la capitale. Les lampadaires s’allument. C’est le signal ! Cap sur la scène !
Nous prenons la direction du pont Bir Hakeim. La vue y est magnifique, les péniches reflètent sur la seine leurs petites loupiottes qui scintillent de milles feux. Bleu, orange, rouge… J’y aperçois au loin les touristes qui secouent leurs petites mains comme pour nous saluer… Ces reflets, ce paysage, cette tour Eiffel éclairée d’or, et les flashs qui s’en dégagent, comme si ces photographes tentaient déjà de voler et de s’accaparer les clichés de C…
Camille !! En place s’il te plait !
Ah pardon, j’étais dans mes pensées ! Mince mince, voilà je passe pour l’amatrice, la rêveuse incontestée ! Il faut absolument que je reprenne le dessus !
Bon vous m’avez compris ? Vous partez des escaliers, juste avant de traverser la route vous vous mettez à courir, puis vous passez sous le quai/rails du métro et enfin vous tournez à droite.
Hey Man ! Cest pas Ford Boyard non plus ! Et après je saute dans la scène et je récupère la clé ? Roh, il a vraiment cru qu’il fallait nous mâcher le travail comme ça ? Etre comédien c’est inné non ?! Est-ce que je lui dis comment cadrer moi ? Chacun à sa place !! Non mais !
Je recommence à me la raconter ! Voilà, dès qu’il y’a un objectif à l’horizon, ça y est je ne tiens plus en place !
Allez allez c’est parti !
On dit Action ! Soyons profesionnels jusqu’au bout 😉
Gros BLANC
Ok. Bon tu la prends par les épaules. Il faut que vous ayez l’air « fin de soirée ».
Mmh, fin de soirée… Oui ça me parle ça, tout de suite je vois l’esprit qu’il veut convier à la vidéo. Facile pour se glisser dans la peau du personnage 😉
Nous voilà en train de trotter, les « on recommence » fusant. Il faut sans arrêt tout vérifier et synchroniser : l’attente du passage du métro aérien (mais y’a encore un mouvement social ou quoi ?!), le scintillement de Mme Eiffel, les voitures arrêtées au feu rouge, les promeneurs, les vélibs…
9 prises plus tard, et après avoir fleuré la mort dans les virages incontrôlés, car mon gentleman me valdinguait contre les parois du pont …
Nous passons ensuite au second plan. Moins drôle que le précédent, forcement là il n’était pas question de refaire la casse-cou. Lol, ah je sens que certains penseront à casse-couilles 😉
Sur la fin de cette seconde séquence, tout se joue sur le regard, il fallait que je sois surprise, et anxieuse à la fois. Beau mélange, je suis prête à relever la mission chef ! Et hop, en moins de trois essais, c’est dans la boite ! J’entendis la foule clamer et applaudir ! Bref regard sur ma gauche, ce n’étaient que les touristes qui admiraient à nouveau l’illumination de la Tour Eiffel. Oui voilà, vous l’avez bien compris, 2 scintillements différents équivalent à 1 heure de tournage, pour 2 scènes…
Je vous voir venir ! Oui et bien quand on s’applique on prend son temps ! Et toc !
Les 4 dernières scènes (oui on part sur du 30 secondes, je n’ai jamais dit que j’avais la premier rôle du film de Spielberg hein !) seront tournées aux alentours de la BNF (Bibliothèque Nationale François Mitterrand) dans le quartier de Bercy (je joue même miss Mappy !)
Le trajet s’effectuera en voiture. Je ne sens plus mes pauvres pieds. Ce footing me les a ruiné ! Mais qu’importe, il faut souffrir pour être comédienne ! Normal si ce passage n’est pas évident à comprendre puisque je n’ai pas encore décrit l’auteur de ce martyr, c’est volontaire, ça attendra plus bas dans l’histoire !
Manque de bol, nous nous retrouvons dans les bouchons. Des travaux à 23h30 ! J’en toucherai deux mots à Tibery quand je le croiserai à un de ces cocktails people …
Mais c’est qu’il commence à pleuvoir ? Ah oui et de plus en plus !
Tant mieux, ça va faire carrément plus beau pour les dernières plans !
Oui et ça sera encore mieux avec une pneumonie ! Allez c’est cadeau, c’est Samedi !
Vers 00h nous voilà arrivés à bon port. Garés en bas des marches de la fameuse BNF.
Camille, on va commencer par toi, tu enlèves tes chaussures, tu les prends à la main, il faut que tu coures plutôt de biais dans les marches et quand je dis top tu lâches une de tes chaussures comme si dans le feu de l’action tu la perdais.
Pieds nus dans le caniveau plein d’eau. En mode Cendrillon quoi…? Sauf que ma pantoufle de verre n’est autre qu’une paire d’escarpin bleue électrique talon aiguille de 13 cm, achetée chez Zara (placement de produits ça c’est fait). La lâcher en courant, signifie qu’elle va se heurter, donc forte probabilité d’être abîmée ! 79,90 euros quand même ! On va y aller mollo hein !
Oui très bien, je me mets en place de suite.
On sent la victime qui est en moi 🙂
Me revoilà en train de trottiner, je grimpais le col en moins de deux secondes.
On va la refaire en courant moins vite.
On ne me surnomme pas la gazaelle pour rien tiens ! Et puis le maillot à pois il sera pour qui ? Ahaha, maillot, oscar, je vais bientôt finir par ouvrir une boutique !
Après que mon compagnon de cinéma ait également fini de tourner ses scènes. On va éviter de les évoquer, c’est tout de suite moins prenant que les miennes, je vous l’accorde. Arrive enfin le moment tant attendu : le final ! (Courage l’article touche bientôt à sa fin) !
Mais avant ça, place à l’avant-dernier plan. L’action y est à son comble. Il fallait que je cours (oui oui je suis bel et bien une sportive), poursuivie par l’homme censé me rattraper le bras pour me plaquer contre les plaques d’aluminium à notre droite.
Oula ça fait un paquet d’actes à la fois tout ça. Et pour le plaquage, comment ça se passe ?
Ah bah avant faudrait peut-être que papi m’attrape là, car je cours depuis au moins 10 secondes et je ne sens toujours rien ! Tout le monde rigole, oui en effet, il a tenté maintes fois de me choper le bras, mais rien à faire ! à croire que je cours plus vite que mon ombre ?
Le bras saisi, je me retrouve (encore une fois, après le coup du pont) mal menée est éjectée dans le mur. BAM ! Ah oui c’est mon talon là ! Bon et bien je l’ai ma réponse, pour le plaquage, c’est en mode rugby j’ai l’impression !
Pas besoin de vous rappeler que ces (strong) moments se déroulent sous une pluie quelque peu, comment dire, battante ?!
Les yeux à demi-clos, je m’imagine au cœur de la mousson des Maldives, cachée dans la verdure si verte… Il faut bien se donner du courage comme on peut n’est-ce pas !
Bon pour la scène finale j’hésite mais voilà ce qu’on va faire. On reprend dans la même position que la dernière prise, tu lui passes la main dans les cheveux, tu la tournes délicatement en la penchant et tu l’embrasses. Il faut que ça soit fougueux .
De quoi, le baiser ?
Rires général.
Voilà je passe maintenant pour la perverse. Non mais que les choses soient claires entre vous et moi ! Je ne suis pas une fille facile. Je n’embrasse pas le premier soir ! Mais bon pour ce soir, c’est exceptionnel. Qu’est ce que je ne ferai pas pour ma carrière …
Plaquée contre le mur, sa main dans ma chevelure dorée (effet de l’éclairage naturel du lampadaire), roh c’est tellement gênant de décrire cette scène. Je ne sais pas par où commencer…
Par les 4 fois où j’explosais de rire au moment fatidique du baiser, ou par les coups de pression du Directeur Artistique (oui le DA est aussi le cameraman mais c’est pour éviter les répétitions) car le pauvre était trempé…
Non mais qui se les pèle le plus ? Lui en jean et polo, moi en robe légère, ou bien le mannequin en costume, cravate et chemise ? Et bien non, ça m’a tout l’air d’être lui ! Tout me retombe sur le dos, comme d’hab ! Le mannequin sourit, forcément j’éclate de rire, mais ça le metteur en scène ne le voit pas puisqu’il est dos à lui, alors bien sur c’est pour ma pomme !
Bon bref… Pour reprendre les descriptions : nous devions avoir l’air enjoué de se retrouver (plaquée contre un mur, ah oui tu peux le dire j’étais heureuse d’avoir été rattrapée, j’aurai jamais du ralentir), s’enlacer, et puis le garçon doit pencher la fille et l’embrasser. Cliché ? Peut-être un peu certes, mais il faut bien ça pour le french kiss !
A mon grand étonnement, je fus très pro sur ce coup-là, prise sur prise, je restais sérieuse et concentrée. Mais j’avais un de ces tracts… Attendez, embrasser un inconnu de façon « passionnelle », vous vous y verriez ? Ah oui, vraiment ? Mais dis donc, c’est qu’il y en a qui n’ont pas serré depuis longtemps… 😀
Sans parler du réalisateur, l’éternel insatisfait… Wahhhhhh mais où est ma doublure bisou ???? Je n’en peux plus 🙂 C’est officiel les scènes d’amour et tout le tsouin tsouin ce n’est pas encore au programme.
Allez la dernière c’est la bonne !
Mais ça fait 4 fois qu’il sort ça… Je commence à être courbaturée du dos en plus. Se pencher, se relever, si j’étais une inconditionnelle du Yoga ça se saurait 😉
Mais il n’a finalement pas eu tort le bougre ! Le tournage s’est conclu (par contre je vous rassure le mannequin n’a aucunement conclu lol) sur cette prise…
Sur cette touche de romantisme, l’histoire prend fin… ça tombe à pic y’avait plus beaucoup de batterie ahaha
A vous les studios !
Plus sérieusement… J’ai adoré cette expérience inédite. Je remercie Laura, ma maquilleuse préférée toujours fidèle et motivée, Anthony pour ces ci belles boucles qui ont majestueusement bien tenues, Hervé pour les robes, Roman mon complice d’un soir, et Lulu, pour ce chef d’œuvre que j’ai hâte de diffuser ;). Merci à tous pour cette soirée fous rires et pour votre simplicité. Ici pas de brises de bec et de tête.
N’empêche que sous certains angles, à croire que j’ai des faux aires de Scarlett et de Nicole..
Bon ok j’arrête…
Star d’un soir, inconnu des jours suivants 😉
Copyright ©2009 – Camille G

tu m’as bien fait rire ! ^^
Je n’arrive pas à retrouver la musique qu’il y a dans ta dernière vidéo… je la connais pourtant mais impossible de me souvenir ce que c’est..
tu n’as pas shazam ??
Merciiiii