CamilleG

Gynéco mâle VS Gynéco femelle

Après un micro-trottoir auprès de mon entourage je me suis rendue compte que j’étais la seule nana à consulter un gynécologue masculin. Limite ça choquait les personnes au courant. « Ah ouais non moi un mec je ne pourrai pas quoi. » « Trop bizarre de choisir un homme ! » « Obligé ils doivent faire trop mal puisqu’ils n’y connaissent rien ! » « Mais c’est horrible !!!! Faut être un pervers refoulé pour choisir ce métier » J’avais envie de leur répondre que si un gynéco est refoulé alors comment qualifier les prêtres attoucheurs et compagnie ? Mais bref là n’est pas le débat. Personnellement je me suis toujours sentie davantage confiante quand il s’agissait de personnel médical masculin. Il faut dire que je n’ai pas eu de bonnes expériences avec les nanas médecins généralistes. Entre celle qui ne comprenait pas que les cystites font mal et l’autre qui essayait de me forcer à prendre la pilule… Au moins les mecs me foutent la paix et ne sont pas là à me juger sur mes choix hormonaux.

Puis un jour, vexée par une réflexion de mon gynéco, j’ai décidé d’aller voir ailleurs. « Vous songez à penser à tomber enceinte ? Vous savez qu’à partir de 25 ans il devient de plus en plus difficile d’enfanter, vous êtes moins fertile… » « Et bien trouvez-moi le père Docteur. » Oui j’ai véritablement répondu ceci. De toute façon il commençait à se faire vieux (il doit avoir au moins 65 ans) et j’avais peur qu’il y voit moins clair et qu’il fasse de faux diagnostics. Imaginez qu’il se mette à confondre mycose et herpès… En 2016 je devais absolument faire un frottis (vis ma vie de fille) je me suis alors faite conseiller une dame.

Why not. Je pourrai ainsi vérifier les soi-disant louanges faites au sujet des docteurs femmes.

What’s up doc ?

 

Alors une gonzesse ça donne quoi ? La visite a débuté par l’incontournable entretien avec les questions récurrentes. La gynéco semblait charmante et sympathique. J’étais même en train de lui faire (presque) confiance. J’ouvre une parenthèse pour mes lecteurs masculins qui n’ont pas eu le plaisir d’entendre leur compagne leur narrer ces rendez-vous, voici le type de questionnaire subi :

  • Depuis quand êtes-vous réglée ?
  • Avez-vous des antécédents médicaux (cancers, maladies cardio-vasculaires…) dans votre famille ?
  • De quand datent vos dernières règles, comment sont-elles ? Quand avez-vous fait un frotti pour la dernière fois ?
  • Avez-vous des rapports sexuels actuellement ? Un partenaire ou plus ? (Ouais non croyez tout de même pas que j’allais inscrire les réponses aux questions… MamanG me lit, et un de mes frères aussi…peut-être mon Directeur Général, qui sait.)
  • Prenez-vous un moyen contraceptif ?

    Et tout le drame commença à partir de ce moment-là. J’ai osé balancer que j’étais anti-pilule contraceptive ou anti-stérilet et là PAF elle fit volte-face (coucou la skyzo). Les yeux froncés, le ton haussé, je me suis faite clairement disputer. Je sentais que sa tension augmentait. « NE VENEZ PAS ME VOIR POUR UN IGV ALORS !!! » Euh……………………….. C’est quoi ce préjugé ? Genre j’utilise des capotes donc tous les 3 semaines je fais des avortements. Normal. Logique. OKLM j’ai envie d’ajouter. Qui dit préservatif dit forcément IVG ? Je n’ai jusqu’à aujourd’hui connu aucune mauvaise surprise ! Zéro antécédent du genre. Allons bon ! La pilule ou autre ne sont pas fiables à 100% non plus alors pourquoi cet acharnement !!?!!!!?!!!!!?!!!!?

    Elle s’est mise à me faire une morale, à me parler comme si j’étais une ado-pré pubère pucelle de 12 ans. « Les préservatifs sont 4 à 5 fois moins fiables qu’une pilule Mademoiselle. Et ce même s’ils ne craquent pas. » Ah bon, on peut tomber en cloque sans qu’une capote ne craque ? J’essaie encore d’imaginer le comment du pourquoi mais je ne vois toujours pas, bref. Les médecins, les spécialistes voulant toujours avoir le dernier mot (et se prenant pour Dieu), j’ai laissé couler et je l’ai laissée me prescrire une ordonnance pour une pilule du lendemain, parce que je cite « les pilules du lendemain vendues sans ordonnance sont moins efficaces que celles prescrites par un médecin. » Ah bah on en apprend tous les jours. 10 minutes plus tard nous passions dans la salle à côté pour les « examens ». « Déshabillez-vous entièrement et pesez-vous ».

    BITCH. « Installez-vous, les fesses près du bord, les pieds ici bla bla bla bla. » BITCH BIS. Merci je connais ça fait 10 ans que je fais ça (tu sens la pro qui sommeille ou pas ?) « Non mais décontractez-vous là ce n’est pas possible ! » BITCH TER. Comment te dire que tu m’as pris la tête pendant 10 minutes à imposer ta vision de la vie sexuelle alors pour me voir relax tu repasseras merci.

    Franchement ? Je n’ai jamais connu pareilles douleurs lors qu’une consultation gynécologique. Et il ne faut pas croire que les fois précédentes j’étais open en mode rentre tous les bistouris que tu veux Doc’ ! Clairement la nana y allait comme une charcutière. A quel moment elle a cru que j’étais sous anesthésie ?? Allo je souffre le martyre là !! Je me suis même faite la réflexion que je ne me voyais pas avoir des gosses si c’était pour subir ça en pire !!! « J’avais oublié à quel point un frottis pouvait faire mal ! Ou alors je n’ai jamais eu aussi mal de toute ma vie auparavant je crois bien !!! » Limite je préférais encore la perfusion du mois dernier lors de mon séjour hospitalier. « Je suis désolée mais je vous l’ai dit vous êtes trop contractée. » Justification pourrie bonjour. Une fois le supplice terminé je me rhabillais. C’est clair, elle ne me reverra pas.

    A toutes les lectrices qui me suivent, votre gynéco femelle, elle est comment ?!!!