CamilleG

Mais pourquoi critiquent-elles toutes Instagram ?

J’emploie « elles » car rares sont les hommes à poster des articles démontant Instagram. Et puisqu’il parait qu’au pluriel le féminin l’emportera, alors je prends les devants ! Ah le féminisme et ses nouvelles lubies…

Peut-être avez-vous lu mon article l’été dernier intitulé « Se dévêtir sur Instagram ? Oui, oui et oui !«  dans lequel j’avais testé les réactions des utilisateurs sur trois de mes photos : un paysage marin, un petit déjeuner, et moi en short. Vous vous en doutez certainement, la seule qui a décroché le jackpot des likes et des commentaires n’affichait pas des fruits rouges ! Oula non ! A cause de fraises, j’ai d’ailleurs perdu plusieurs dizaines de followers. Depuis je n’immortalise plus les plats healthy, je pose nue sur mon Instagram. NON JE DÉCONNE OH !

Postez-vous pour vous ou pour les autres ?
Et oui, l’utilisateur d’Instagram est un être exigeant. S’il s’est abonné à votre compte au moment où vous postiez un cliché de vous, il s’attendra alors à ne voir que votre minois ou sinon bye bye. Et on peut le comprendre ! Qui intéresse la vie de votre chat à part vous ? En revanche vous à la salle de sport ou sur la plage, là cela devient un peu plus attractif.

Je caricature mais l’idée est là.

Quoi que l’on publie sur ce fichu réseau social, on sera de toute façon la cible des critiques de quelqu’un. La bienveillance, sortez-vous ça de la tête, ça n’existe pas partout.

Les photos de voyage : « hannn elles passent plus de temps à prendre des photos qu’à regarder le paysage »
Mais vous pensiez qu’au temps des kodak jetables on faisait quoi ? Déjà à cette époque on s’appliquait pour faire LA photo du siècle ! On n’avait qu’une seule chance et il ne fallait pas la louper. Trois heures avant d’appuyer sur le bouton. J’y vais ou j’y vais pas ? Grosse pression. Le moment fatidique nous faisait flipper ! Il fallait tout contrôler : le sourire de la copine, l’arbre qui ne s’agite pas trop et le doigt qui ne squatte pas dans le coin de l’objectif…

Franchement l’argument du « admirer le paysage » me fait doucement marrer. Une fois que l’on a exploré le spot et observé le décor, on est censé faire quoi ? Attendre et pondre une dissertation, ou peut-être un poème ? Immortaliser un lieu est devenu un challenge artistique et je trouve ça génial ! Cela oblige à se concentrer, à laisser libre cours à sa fibre artistique et à faire preuve d’imagination. La photo moisie de Tata Claudine à moitié floue des palmiers, sérieusement je m’en passerais. Et puis il ne faut pas croire, prendre des photos c’est un plaisir, une passion pour certain (comme par exemple moi). Chacun profite de son voyage, à sa façon.

Ce n’est pas parce que quelques instagrameurs influenceurs courent à la chasse aux photos lors de leur voyage presse que tout le monde fait comme eux !

Au milieu de nul part sur un rooftop ensoleillé

Les photos posées : « pfff elle se la raconte t’as vu »

A ses débuts, l’application était un média de photos prises sur le vif. L’étiquette de moments instantanés lui a été décrochée en cours de route. Désormais les meilleures publications naissent à la suite d’un contrôle exacerbé  au millimètre près ! Quel boulot monstrueux de tout passer au crible.

Et non, la personne ne se la pète pas pour autant ! Elle fait simplement comme comme tout le monde et met en ligne des photos d’elle travaillées et stylées. Entre vous et moi, qui aujourd’hui n’est pas narcissique parmi les 15-35 ans ?

En revanche je rejoins les anti-photos-bodypositivisme-bullshit. Belle, moche, maigre, grosse, tatoué ou non, poilu ou pas, peu importe, pas besoin de payer ses fesses à la terre entière avec des leçons de vie en légende photos ! On peut faire entendre sa parole en restant habillé non ? Ou bien suis-je trop naïve ? D’où vient ce besoin de s’exhiber pour un rien ? Alors sous prétexte que des plouks d’émissions de télé-réalité alors c’est complètement normal de faire de même ? KikouLol. J’imagine le collègue qui tombe sur ça… La honte sans déconner.

Et puisque j’évoque le cas des photos dénudées,  une interrogation m’habite. Je ne comprends pas le concept de la nana qui se prend pour une féministe anti harcèlement de rue, anti drague, anti tout dès lors qu’il s’agit d’un mec… MAIS qui se pavane sur Instagram en petite culotte pour des partenariats avec une marque de lingerie d’entrée de gamme ?! Expliquez-moi cette arnaque idéologique ? Ah non pas besoin, le mot « partenariat » en dit long. Pour de l’argent elle est donc prête à faire tomber le haut (+ le bas) et à tarifer sa chaire ? Et dire qu’elle jure contre les hommes qui prennent la femme pour du bétail ! Va-t-elle prochainement sortir une vidéo Youtube dans laquelle elle crache sur les hommes qui ont osé commenter sa photo aguicheuse? Gros suspense.

Mais bref passons, laissons-la vendre son âme au diable.

Les followers qui se désabonnent  : »j’ai perdu 148 followers. Hannn. En plus j’ai moins de likes qu’avant, c’est à cause du vilain algorithme d’Instagram. Nia nia. »
Ah la la, Insta a bon dos ! Et bien non ce n’est pas forcément la faute de l’application ! Peut-être qu’un bon paquet de fake abonnés ont été supprimés par Instagram, peut-être que les photos postées n’étaient pas à la hauteur des espérances de ceux qui les regardent…
Arrêtons un instant de spéculer. Rien ne vous choque dans ces lamentations ? Ces utilisateurs ne postent que pour se sentir exister et se sentir admirer ! C’est là le souci ! Ce n’est pas une fin en soi de perdre 34 inconnus ! Sérieusement ! J’ai parfois plus de 1 100 likes sur une photo et 300 sur celle d’après ! Et alors ? Ce qui semble beau pour nous ne l’est pas forcément pour les autres. Ah bah non, je vais me faire accuser d’acheter des followers et des likes….

OKLM dans la piscine de ma villa (nan ça va c’est juste un hôtel à Bali)

Les photos qui vendent du rêve : « à cause d’elles j’ai l’impression d’avoir une vie trop nulle »
« Le positif appelle le positif » et forcément, le négatif appelle le négatif. Mon mantra fétiche que j’adore sortir à toutes les sauces. Mais là encore, il fonctionne ! Admettons que je suive des comptes déprimants aux photos dark, où je ne vois que des endroits lugubres, des pièces où le désordre règne, des portraits de personnes tristes, ou pire, des photos d’animaux violentés. Je vais commencer par me sentir mal, trouver la vie dure et me retrouver le moral dans les chaussettes (okay j’avoue, je suis hyper fragile).

Je préfère scroller, et de loin, sur des photos épurées, ensoleillées, voire surjouées. Ce qui se trame dans le monde est déjà assez glauque, les infos quotidiennes me suffisent amplement.

Alors j’entends bien que les comptes Instagram ne sont pas le reflet de la vie bla bla, que les utilisateurs rentrent tous dans le même moule, qu’ils nous feraient presque croire que notre vie est inutile comparée à la leur, blabla. Mais encore une fois, vous pouvez poster des clichés sympa, un peu pro, sans pour autant endosser le rôle de la nana/du mec archi VIP avec ses 39 000 groupies, qui a vécu une jeunesse dorée, qui est blindé ou qui a 580 partenariats en cours.

Les dérives, encore et toujours au rendez-vous, remettent en question notre intérêt pour les réseaux sociaux. Qu’on se le dise, sur Instagram ou IRL, on cherche bien souvent à vendre du rêve. Il ne faut pas prendre au sérieux les réseaux sociaux ! Mais plutôt les considérer comme une géante scène de théâtre où le vrai n’a pas, ou plus, sa place.

Allez bon selfie et bonnes retouches ; )