Alors, ça fait quoi d’avoir 40 piges ?

Je vais être honnête : je n’ai toujours pas acté cette foutue dizaine. Dans ma tête, j’ai encore trente et quelques années. Pourtant, il suffit que je passe devant un miroir pour que la réalité me rattrape. Les rides sont bien là. J’ai beau leur envoyer quelques seringues de botox dans les pattes de temps en temps, elles reviennent systématiquement quelques mois plus tard, comme si elles avaient signé un bail sur mon front. Je vous jure, nous ne sommes vraiment pas tous égaux face au vieillissement. D’ailleurs, si le sujet vous intrigue, je vous raconte toute mon expérience avec le botox dans cet article. Mais cela ne m’a pas empêché d’être (re)prise en agence de mannequins à Paris.

Mais finalement, ce n’est pas ça qui m’a le plus surprise en passant le cap des 40 ans.

Ouais j’ai 40 balais et je continue de poser ahah. Les photos de cet article datent de mai / juin / juillet 2026 et zéro retouche ou IA, non mais.

Le vrai changement, il est ailleurs.

À 40 ans, on ne devient pas forcément plus sage. En revanche, on commence sérieusement à manquer de patience pour tout ce qui nous empoisonne l’existence. Le regard des autres, par exemple. Je crois que je ne m’en suis jamais aussi peu souciée. Je m’habille comme j’en ai envie. Si j’ai envie de mettre un crop-top, je mets un crop-top, sans me demander ce que la voisine ou les mamans de l’école vont en penser. Il y a dix ans, j’aurais probablement passé la journée à me demander si quelqu’un m’avait jugée. Aujourd’hui… franchement, tant pis. J’ai pas leur temps. Et j’ai surtout 40 ans !

Finalement, à 40 ans, tu commences définitivement à t’en foutre de (presque) tout. Donc peut-être que je vais me remettre à vous parler plus librement de sujets persos ? Après tout, je n’ai plus de collègues ou de boss qui peuvent potentiellement m’espionner héhé.

Cette liberté-là, je ne l’avais pas à 30 ans.

Il y a aussi le travail. À la naissance de ma fille, j’ai quitté un CDI confortable pour me lancer à mon compte. Sur le papier, ça faisait un peu peur. En réalité, ça a été l’une des meilleures décisions de ma vie. Je travaille beaucoup, parfois trop. Je paie aussi beaucoup de charges — merci la France — mais je me lève le matin avec l’envie de faire ce que j’aime. Et ça n’a pas de prix. Je préfère largement les angoisses d’une indépendante aux frustrations que je pouvais ressentir dans certaines entreprises.

Coucou les ex managers toxiques que j’ai pu cotoyés.

J’ai découvert que gagner sa liberté professionnelle valait parfois bien plus qu’un salaire confortable.

Évidemment, tout n’est pas devenu magique pour autant.

Je suis toujours aussi sensible. C’est probablement le trait de caractère qui m’agace le plus chez moi. Ouais, je sais, c’est la grande mode de parler d’hyper-sensibilité ou de PN (pervers narcissique) mais il se trouve que j’ai été « diagnostiquée » malgré moi, de grande fille sensible, y’a plus de 20 ans. Ah lalala. Spoiler alert : ça ne passe pas, on apprend juste à faire avec et à vivre avec ses défaillances psychologiques.

J’avais naïvement imaginé qu’en vieillissant, on s’endurcissait un peu. Raté. Je ressens toujours les choses avec la même intensité. Certaines remarques me poursuivent encore plus longtemps qu’elles ne le devraient. Je réfléchis trop. Je ressasse. Mon cerveau adore fabriquer des scénarios improbables quand il a du temps libre. J’ai compris que ça ne passerait jamais vraiment. On apprend juste à vivre avec cette partie de soi, à reconnaître les jours où elle prend un peu trop de place.

Je dis toujours autant de conneries. J’aime faire des blagues, c’est plus fort que moi. Impossible de rester sérieuse pendant des heures. D’ailleurs, l’un de mes frères me chambre régulièrement en me disant : « Tu parles comme une nana de 15 ans alors que tu en as 40. » Sur le moment, je râle. Mais au fond, je préfère largement ça que de devenir une adulte trop lisse ou terriblement ennuyeuse. Et visiblement, ça ne m’empêche pas d’être crédible : mes clients me recommandent régulièrement à leur réseau et reviennent travailler avec moi.

Comme quoi, on peut garder son humour sans perdre son professionnalisme

Et puis il y a le temps.

C’est probablement la chose qui me frappe le plus depuis quelques années. Pas parce que j’ai peur de vieillir. Les rides, finalement, ce n’est qu’un détail. Ce qui me bouscule davantage, c’est de voir le temps filer à une vitesse folle. J’ai l’impression que ma fille est née hier, alors qu’elle entre déjà dans une nouvelle étape de sa vie. Mes parents vieillissent eux aussi. Les saisons s’enchaînent sans que j’aie le temps de les voir passer. À 20 ans, une année semblait durer une éternité. À 40 ans, j’ai parfois l’impression qu’on enlève les décorations de Noël au moment où l’on commence tout juste à s’y habituer.

J’ai le temps de rien. Honnêtement.

Peut-être que c’est pour ça que je supporte moins les relations qui sonnent faux. Avec les années, j’ai perdu quelques amis.

Certains sont partis naturellement, d’autres beaucoup moins. Pendant longtemps, j’ai culpabilisé ou cherché à comprendre. Aujourd’hui, je me dis simplement que tout le monde n’est pas destiné à nous accompagner jusqu’au bout du chemin. Certaines personnes traversent notre vie pour quelques années, d’autres pour toujours. Et c’est très bien comme ça. À 40 ans, je préfère avoir trois personnes sincères autour de moi que vingt relations entretenues par habitude. Parce que je n’ai pas le temps en plus pour ces conneries de faux-semblant.

PS : j’avais un pote prof, finalement il a voulu couper les ponts subitement, faut que je vous prépare un article à ce sujet, vous allez halluciner. 

En fait, je ne sais plus qui me disait, pour qu’une amitié nouvelle dure (vous savez, celles que l’on crée après l’école), il faut qu’on n’en attende rien.

Finalement, si je devais résumer cette nouvelle décennie en une phrase, je dirais qu’elle ressemble moins à une crise de la quarantaine qu’à une forme de tri. On trie ses priorités, son entourage, son travail, ses envies et même les batailles que l’on accepte encore de mener. On comprend enfin que notre temps est limité, alors on essaie d’arrêter de le gaspiller à vouloir plaire à des gens qui ne penseront plus à nous demain.

À 20 ans, je pensais qu’à 40 ans on avait toutes les réponses. En réalité, on a encore beaucoup de questions. Mais on a enfin appris une chose essentielle : on n’est plus obligé de vivre pour répondre aux attentes des autres.

Et ça c’est trop cool 😉

2 Commentaires

  1. 21 septembre 2026 / 11 h 43 min

    Hello,
    Moi j’ai toujours 20 ans dans ma tête pourtant je change de dizaine l’année prochaine, bon je ne te dis pas laquelle 😂
    Le miroir, je me demande qui est ce vieux qui me regarde. Non je n’ai pas Alzheimer.
    Le temps file de plus en plus vite… le quatrième âge ça peut être compliqué, profite bien de tes parents.
    Le plus grand changement, au delà de la sélection naturelle des relations, c’est surtout d’être considéré comme un neuneu quand un vendeur me donne des explications techniques.
    Ah, un dernier truc, j’ai entendu une traduction française de spoiler: divulgacher, cela m’a amusé
    Même si je trouve ridicule de vouloir tout traduire
    Bien à toi Camille

  2. Lea
    21 septembre 2026 / 14 h 53 min

    tu parles du prof le taré pédo ? Ou d’un autre ? mdr….

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