Contes de fées : le comité d’éthique peut aller se rhabiller

Comme si dans le vraie vie, les féministes (ou fan de wokisme) n’avaient pas d’autres combats à mener ? Les contes de fées prennent cher. On crie au viol, au non respect du consentement, bref elles, ils, iel, et j’en passe voient le mal partout et dénoncent un drame.

Ils diront surement que je suis endoctrinée par le capitalisme, l’Occident, et le capitalisme. Parfait. Qu’ils aillent vivre ce serait-ce que quelques jours dans un pays où la police religieuse existe, on verra bien ce qu’ils en disent. Peut-être qu’ils mèneront des combats plus utiles par la suite ? Tellement facile de s’en prendre à des écrivains décédés.

Et si on arrêtait les bullshits débats ?

Commençons par La Belle au bois dormant.

Le prince embrasse la princesse endormie pour la réveiller. Certains scandalisés crient : « Mais elle dormait ! Comment ose-t-il ? » Petit rappel pour nos amis du XXIᵉ siècle : ils se plaisaient déjà avant qu’elle ne s’endorme. Mais visiblement, l’amour préalable ne compte plus si elle n’a pas signé un contrat de baiser avant la sieste. Imaginez la scène : « Chérie, tu veux bien que je t’embrasse pendant ton sommeil ? Oui ? Non ? Peut-être ? »

Passons à Blanche-Neige.

Une pomme empoisonnée, un coma profond et un baiser salvateur. Dans le monde moderne, on n’appellerait plus ça un « acte héroïque », mais un « baiser non consenti nécessitant enquête ». On se demande presque si le prince n’aurait pas dû remplir un formulaire de consentement anticipé avant de franchir la barrière du cercueil.

Même remarque que pour Belle au bois dormant : dans la narration classique, c’est le « baiser de vrai amour » qui sauve, mais aujourd’hui le baiser non consenti pose problème.

Et pour le comité de lecture moderne, la sorcière empoisonneuse ? Apparemment, elle aurait eu droit à un avertissement préalable pour respecter les normes de sécurité alimentaire.

Et puis il y a Cendrillon.

Le prince organise une chasse nationale pour retrouver la jeune fille qui a perdu sa chaussure. À l’époque, c’était romantique. Aujourd’hui, certains y voient du stalking de haut niveau : « Monsieur, il va falloir limiter vos déplacements dans le royaume et arrêter de poser des questions à toutes les jeunes femmes. » Bon courage à la hotline anti-poursuite royale.

Ne parlons même pas des contes où les sorcières transforment les personnages en animaux ou les enferment dans des tours. La lecture moderne y verrait du harcèlement psychologique et de l’assignation abusive à résidence. Mais, curieusement, personne ne remet en question le sortilège de dormir 100 ans, peut-être parce qu’il est « temporaire »… ou parce qu’on n’a toujours pas inventé de comité de validation magique.

Sans oublier Ariel, la petite sirène.

Ariel échange sa voix contre des jambes pour séduire le prince. Non seulement elle perd sa voix (et apparemment sa capacité de négociation), mais elle se retrouve coincée dans un plan où tout est… un peu bancal. Aujourd’hui, certains diraient : « Consentement ? Manipulation ? Escroquerie vocale ? » Mais apparemment, faire des sacrifices ridicules par amour, c’est toujours romantique quand c’est dans un dessin animé.

La morale ?

Nos contes ont survécu à des siècles d’enfants qui croyaient au prince charmant, aux fées bienveillantes et aux fins heureuses. Mais à force d’analyser chaque baiser, chaque transformation et chaque course à la chaussure sous l’angle du consentement moderne, on risque de transformer La Belle au bois dormant en Le Procès du baiser. Et franchement, qui a envie de voir Cendrillon témoigner contre le prince devant un tribunal du royaume ?

Alors oui, il faut réfléchir à ce que nos histoires véhiculent. Mais avant de lancer un débat sur « les violences implicites dans les contes », rappelons-nous que ces histoires ont été écrites pour rêver, frissonner et rire, pas pour passer un audit juridique. Après tout, même les contes de fées méritent une pause café avant de se faire juger par le comité d’éthique du XXIᵉ siècle.

2 Commentaires

  1. Romain
    3 mars 2026 / 10 h 34 min

    Coucou,
    C’est vrai que c’est déjà très difficile de mener les causes justes et de les faire progresser dans un monde aussi injuste et stupide que le nôtre. Alors analyser chaque histoire ancienne de cette façon me semble vraiment une perte de temps. Ce n’est pas le passé qui doit changer, car il ne peut pas de toute façon, c’est le présent !
    Belle semaine à toi. 🙂

  2. tygreat lydia
    3 mars 2026 / 12 h 27 min

    Aujourd’hui, on voit les contes de fée de manière différentes ! Pour ma part, ça ne me gêne pas car mes enfants ont la notion de consentement dans la vraie vie.

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