Avant d’avoir un bébé, je pensais que mon cercle d’amis parisiens était éternel : discussions animées, apéritifs improvisés, week-ends entre amis organisés en cinq minutes. Mais dès l’arrivée de la poussette, la ville autour de moi est restée la même, mais ma vie sociale a disparu. À un moment donné, je me suis surprise à me demander : « Où sont passés tous les autres ?» et j’ai décidé de mener ma propre petite enquête pendant mon congé maternité.

Comment le rythme de vie change
Le premier indice de cette réflexion est le temps. Avant, je pouvais convenir d’un rendez-vous le soir même, mais maintenant, entre les repas, le coucher et les nuits blanches, chaque message d’un ami se transforme en une véritable épreuve d’organisation. Un ami m’a dit franchement : « J’ai arrêté de t’envoyer des messages le soir parce que je ne veux pas te déranger si tu dors enfin.» De mon côté, c’était l’inverse : je pensais que le soir était le moment où les amis prenaient l’initiative, et je percevais le silence comme une absence.
Par la suite, nous avons commencé à chercher de nouveaux moyens de communiquer et d’offrir des activités communes, notamment en participant à des petits tournois et concours en ligne organisés par des partenaires du secteur du divertissement. Certaines de ces initiatives sont sponsorisées par des plateformes comme tortugacasino, qui permet aux organisateurs d’offrir des prix et de réunir les gens malgré des emplois du temps chargés. Pour moi, c’est devenu une façon de renouer les liens, même si c’est à un rythme différent.
Des expériences différentes, des conversations différentes
Le deuxième point, c’est celui dont nous parlons maintenant. J’ai la tête pleine de couches, de vaccins et du choix d’une poussette, tandis que mes amies sont accaparées par des présentations, des voyages d’affaires et de nouvelles rencontres. Lors d’un de nos rares déjeuners, je me suis surprise à parler pendant vingt minutes des tétées nocturnes. Mon amie acquiesçait, mais son regard vagabondait. Après notre rencontre, elle m’a avoué qu’elle ne savait tout simplement pas quelles questions poser sans avoir l’air bête, puisqu’elle n’a pas encore d’enfants.
Des amies toujours présentes
Le troisième point, ce sont les réseaux sociaux. Mes amies semblent toujours là : elles aiment les photos du bébé, commentent « qu’il est mignon » et parfois envoient des cœurs aux stories. Mais derrière cette attention inhabituelle se cache un réel manque de proximité dans nos relations. Une de mes anciennes amies m’a confié quelques mois plus tard : « J’ai bien peur d’être devenue une personne qui se contente de liker sans jamais se montrer. » Elle avait raison : les likes ne remplacent pas les conversations, ils ne font que créer l’illusion que rien n’a changé.
Qui apparaît soudainement dans les environs
Le plus inattendu dans cette enquête, c’est l’apparition de nouvelles personnes. Une voisine, avec qui nous nous contentions d’un signe de tête dans l’ascenseur, nous ramène soudain une tarte maison et nous raconte comment de courtes promenades avec la poussette lui ont sauvé la vie. La petite fille du parc, avec qui nous avions échangé un jour la phrase « Et toi, tu ne dors pas la nuit ? », nous écrit quelques semaines plus tard pour savoir comment s’est passé le rendez-vous chez le pédiatre. Peu à peu, un nouveau cercle se forme autour de nous : ces mêmes amies « mamans », avec qui l’on peut tout discuter sans de longues explications et se sentir immédiatement comprise.
Ce que j’ai découvert sur les amies « disparues »
Après des dizaines de messages, de rares rencontres et de conversations franches, voici une brève mais honnête analyse des raisons pour lesquelles les amies semblent disparaître :
- Elles ont peur de perturber leur nouvel emploi du temps et de « déranger le sommeil des enfants » ;
- Elles ne savent pas s’il est approprié de vous inviter dans un bar ou à une fête, et finissent par ne plus vous inviter du tout ;
- Elles ont l’impression que vous avez maintenant « votre propre monde », inaccessible sans les enfants ;
- Vous êtes tellement fatiguée que vous ne répondez pas tout de suite, et les gens décident qu’il vaut mieux vous laisser tranquille.
Une amie l’a résumé ainsi : « Je n’ai pas disparu, je ne savais simplement plus comment être là pour eux. » Ces mots ont beaucoup éclairé mon propos et m’ont aidée à ne plus percevoir cette pause comme une trahison.
Témoignages de mamans
Lorsque j’ai commencé à partager mes observations avec d’autres mères, je me suis rendu compte que presque toutes avaient des histoires similaires. Une ancienne collègue m’a confié qu’après avoir accouché, elle regardait les stories de ses amies et avait l’impression d’observer la vie de quelqu’un d’autre : elles étaient dans un bar, et elle en pyjama avec son bébé, et pourtant, personne n’avait rien fait de mal. Une autre mère a admis avoir cessé d’envoyer des SMS à ses amies sans enfants, car elle avait le sentiment de n’avoir rien à partager avec elles, si ce n’est des anecdotes sur les poussées dentaires.
Est-il possible de renouer avec mes anciennes amies ?
Certaines amies s’éloignent. On ne se dispute pas, on se sépare simplement parce que nos trajets en ville ne se croisent plus. Mais il y en a qui restent, même si c’est sous une autre forme. Une amie proche m’a avoué sincèrement qu’elle avait du mal à me voir uniquement comme une maman, car nos conversations sur les séries télé et nos rendez-vous ratés lui manquaient. Elle m’a suggéré de nous voir de temps en temps, sans la poussette. C’est ainsi qu’ont commencé ces rares mais précieuses soirées où je quittais à nouveau la maison seule et où je me souvenais que j’avais une vie en dehors des couches.
Que nous apprend une telle enquête ?
La découverte la plus importante de mon congé maternité s’est avérée simple et désagréable : les amitiés ne sont pas faites pour résister à l’épreuve. Certaines relations se dissolvent face à cette nouvelle réalité, tandis que d’autres se transforment, s’apaisent et s’approfondissent. J’ai appris à ne plus considérer mes amies perdues comme des ennemies et à ne plus m’accrocher à des relations dont les deux parties étaient depuis longtemps lassées. Mais celles et ceux qui ont trouvé le temps de me voir avec mon enfant dans les bras, de répondre à un message tard dans la nuit, ou simplement de m’écrire « Comment vas-tu ?» lors des journées les plus difficiles, sont devenus une partie d’un nouveau cercle auquel je tiens d’autant plus.
Finalement, mon « enquête parisienne » personnelle sur le congé maternité n’a désigné aucun coupable, mais j’ai constaté à quel point la carte des relations se modifie avec l’arrivée d’un petit être dans votre vie. Les amis ne disparaissent pas sans laisser de traces : certains restent dans le passé, d’autres reviennent plus tard, et d’autres encore surgissent soudainement là où on ne les avait jamais cherchés auparavant — dans le jardin, au parc, dans les conversations de vos parents. Et c’est peut-être là la plus grande révélation du congé maternité : avec un enfant vient tout un nouveau cercle d’amis.
