CamilleG

Mais à quoi sert LinkedIn ?

Instinctivement j’aurais répondu à épater la galerie et surtout les anciens du collège avec un super titre professionnel qui ne veut rien dire.

« Ingénieur d’affaires grands comptes B to B » pour commercial. Mais est-ce que Ingénieur d’affaire petits comptes existe ? « Communication manager » « Project communication manager » pour chargé de communication. « Chasseurs de talents » pour chargé de recrutement. La liste est abominablement longue.

Les RH seraient bien surpris de découvrir toutes ces pépites de salariés qui s’inventent une vie hors promotion professionnelle.

Qu’on se le dise, sur LinkedIn on cherche à impressionner et à se vendre. Rien de plus, rien de moins. Enfin si tu es malin et pas trop lourd, tu réussiras à récolter quelques rencards galants. Mais on retiendra, clairement, que tu es trop crevard(e) pour te payer un abonnement sur Attractive World.

Cependant pour faire bonne figure et plaire à la galerie, je dirai que LinkedIn s’attache à développer un réseau social dynamique, professionnel et à surtout être un moyen de recrutement (et accessoirement une énième façon pour espionner les ex). Remarquez les américains préfèrent désormais trouver leurs candidats à 15 pattes sur Facebook. Bientôt LinkedIn deviendra le Viadeo bis.

Mais LinkedIn c’est aussi une plateforme sociale sans cliché de chats, d’enfants, de genoux à la plage ou d’assiette de crudités. Les seules photos niaises qui perdurent sont les photos de profil. Un visage digne de celui du packshot de Kinder Chocolat. Un sourire coincé, parfois trop forcé qui supplie presque l’internaute de t’ajouter dans son réseau. Heureusement que le cadrage masque les torses bombés et les mains posés sur les hanches. Tu visualises la pose corporelle de Super Nanny et son sentiment de supériorité ? Comme si faire partie de l’univers des actifs était une fierté sans nom. Genre à côté, les missions humanitaires c’est peanuts. Si t’as pas un CV blindé avec des entreprises du CAC 40 ou des startups à la mode qui soulèvent des fonds, tu ne vaux pas grand chose.

Si j’en crois ce qui se passe sur LinkedIn, dans la vie, deux choses sont primordiales : se développer un réseau professionnel et trouver un job bien payé où l’épanouissement atteint les 100%. D’après les utilisateurs cela est possible, d’après moi c’est complètement utopique et franchement hypocrite. L’épanouissement personnel ne passe pas que par la case boulot. Sinon à la retraite qu’est-ce qu’on fait ? On se tire une balle ?

La vérité sur LinkedIn ?
La vérité est que LinkedIn est devenu le terrain de jeux préféré des fournisseurs et des recruteurs, ces fameux « dénicheurs de talents ». Les photographes, les CEO (très très à la mode ce titre là aussi), les fournisseurs de goodies, à chaque nouvelle connexion, te balancent leurs immondes messages copiés-collés pour te faire découvrir leur super service, leur super agence, leur super boulot et leurs super clients qui leur ont fait confiance. Mention spéciale aux vidéastes et photographes qui arrivent à récupérer ton adresse e-mail et qui te bombardent de liens Wetransfer pour télécharger leurs démos. Sérieusement ?

Est-ce que vous avez pris le temps d’admirer la France professionnelle qui échafaude des théories sur tout, et surtout sur n’importe quoi sur le fil d’actualités ? Les mecs Bac+4 se prennent pour des têtes pensantes en pleine phase de recherche. Ils te sortent des thèses, des antithèses et tirent des conclusions pour décrypter l’actualité et la technologie. Parce qu’ils ont codé une fois sur le blog de leur cousine, ils s’imaginent être les hackers russes de demain. Tu as juste envie de leur répondre « prends ton gobelet de café noir immonde et vas étaler ta pseudo science auprès de ta collègue en préretraite ».  A nous, tu ne la feras pas, on a cramé ton petit jeu de bobo-intello.

Et puis tu as ceux qui croient élever le débat avec leurs géniaux grands nouveaux concepts complètement loufoques. Ils te mélangent des expressions anglaises à leur jargon de pseudo marketeurs et t’expliquent la vie. « Comprendre la génération millennals ». Wahooo. Comment stigmatiser encore une fois les jeunes.

N’oublions pas les flatteurs à la quête du corbeau ET du fromage. Ces individus qui tentent de « percer » en tapant l’amitié avec l’influenceur du coin aux plus de 500 abonnés. On se croirait presque sur Instragram.

Sauf que la course aux likes est remplacée par celles aux recommandations de compétences. Des inconnus t’offrent des +1 en management ou en wordpress alors qu’ils ne te connaissent même pas. Pour un peu qu’ils te lâchent en message privé un « recommandation4recommandation » cela ne m’étonnerait même pas.

Bref, ce réseau social prouve que ceux qui en faisaient déjà des tonnes à l’époque, assis au premier rang, n’ont absolument pas changé. Et que le fayotisme empire avec l’âge.